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Bien comprendre la maladie

La maladie de Fabry est une maladie héréditaire causée par une anomalie génétique, qui concerne toute une famille et se transmet de génération en génération.
Les hommes et les femmes peuvent être atteints et transmettre la maladie ; cette anomalie génétique est à l’origine d’une maladie chronique et évolutive dans le temps, touchant progressivement différents organes et dont les manifestations les plus graves peuvent toucher le cerveau, le cœur et les reins.

L’essentiel

L’essentiel de la maladie de Fabry

Pourquoi s’appelle-t-elle « Fabry » et quand a-t-elle été décrite pour la première fois ?

• C’est en 1898 que le dermatologue allemand Johannes Fabry a, pour la première fois, posé l’hypothèse que les différents symptômes n’étaient pas isolés les uns des autres mais liés entre eux. Comme c’est le cas pour d’autres maladies, il a été attribué à cette maladie le nom du 1er médecin ayant posé le diagnostic.

• Il est à noter, qu’indépendamment de Johannes Fabry, la même année, un autre dermatologue anglais William Anderson effectua la même analyse. C’est pourquoi il est possible de trouver des informations sur la maladie de Fabry sous l’appellation « Anderson-Fabry », en particulier des informations de source anglophone. Malgré cette différence de nom, il s’agit bien de la même maladie.

Combien de personnes en France, en Suisse et en Europe sont-elles atteintes de la maladie de Fabry ?

• En moyenne dans le monde, on estime qu’il naît une personne atteinte de la maladie de Fabry sur 40 000 à 117 000 naissances, ce qui porte le nombre de patients français à 1000 ou 1500. Ces chiffres pourraient être toutefois sous-estimés. Aujourd’hui, on dénombre en France environ 300 patients diagnostiqués et plus de 180 patients traités.

• En Suisse, le nombre de patients diagnostiqués est de plus de 100 dont 50 sont traités avec un traitement spécifique.

• Au total, en Europe, on compterait environ 1000 personnes atteintes de la maladie de Fabry et diagnostiquées.

Qu’est-ce que la maladie de Fabry ?

• C’est une maladie héréditaire causée par une anomalie génétique*, qui concerne toute une famille et se transmet de génération en génération.

• Les hommes et les femmes peuvent être atteints et transmettre la maladie ; cette anomalie génétique est à l’origine d’une maladie chronique et évolutive dans le temps, touchant progressivement différents organes, et dont les manifestations les plus graves finissent par toucher le cerveau, le coeur et les reins ; en l’absence d’un cas familial connu, le diagnostic s’avère difficile, et le patient reste en moyenne plus de 13 années avant que le diagnostic ne soit fait.

À quoi est-elle due ? Pourquoi parle-t-on de « déficit enzymatique » ?

• Les anomalies génétiques, comme celle qui est responsable de la maladie de Fabry, se situent sur les chromosomes. Les chromosomes sont contenus dans toutes les cellules, et permettent la production de protéines*, indispensables au bon fonctionnement du corps humain.

• Dans le cas de la maladie de Fabry, l’anomalie génétique, qui est en cause, provoque la fabrication imparfaite d’un type de protéine appelée enzyme. Cette enzyme, l’Alpha-galactosidase A, permet normalement de couper et d’éliminer certains lipides à l’intérieur des cellules, les glycosphingolipides*, dont le Gb3.
Le Gb3 existe dans toutes les cellules et est utilisé dans les parois des vaisseaux sanguins, des nerfs et de nombreux organes.

• On parle de déficit enzymatique quand l’enzyme ne fonctionne pas correctement comme c’est le cas de la maladie de Fabry. Le Gb3 s’accumule alors à l’intérieur des cellules et en perturbe le fonctionnement.

Pourquoi parle-t-on de maladie « lysosomale » ?

• La maladie de Fabry est appelée maladie lysosomale car l’action de l’enzyme Alpha-galactosidase A* se situe dans les lysosomes*. C’est dans les lysosomes que le Gb3 s’accumule quand l’enzyme ne fonctionne pas. Les lysosomes sont des petites vésicules contenant beaucoup d’enzymes* responsables de la dégradation de nombreuses molécules. Les lysosomes sont en quelque sorte « l’usine de transformation »de la cellule.

• En fait, il existe un grand nombre de maladies génétiques dites lysosomales dont le point commun est l’altération du fonctionnement des enzymes des lysosomes.
Toutefois, l’enzyme déficitaire étant différente d’une maladie lysosomale à l’autre, les atteintes et leurs gravités varient de façon importante d’une maladie à l’autre.

Quels sont les différents organes touchés par la maladie de Fabry ? Pourquoi parle-t-on de maladie « systémique » ou « vasculaire » ?

• La maladie de Fabry touche de nombreux organes. En effet, le Gb3* s’accumule dans les lysosomes* de la plupart des cellules composant les tissus, en particulier dans :

  • Les vaisseaux sanguins
  • Les fibres nerveuses
  • Les reins
  • Les poumons
  • Le cerveau
  • Le coeur
  • La peau
  • L’oeil au niveau de la cornée et du cristallin
  • Le tube digestif

• La maladie de Fabry est appelée « maladie systémique* » car elle affecte toutes les cellules de l’organisme. C’est en partie à cause de l’atteinte généralisée de l’organisme que les patients ressentent fréquemment une fatigue importante.
La fatigue est l’un des symptômes le plus souvent décrit, le plus durable et le plus invalidant dans la maladie de Fabry.

• La maladie de Fabry est également appelée parfois maladie « vasculaire » car, touchant les vaisseaux sanguins, elle peut entraîner les mêmes atteintes que l’athérosclérose* (angine de poitrine*, infarctus, accident vasculaire cérébral…). C’est pour cette raison que votre médecin recherche la présence de facteurs de risque cardio-vasculaire (tabac, cholestérol, hypertension…) et peut vous proposer, le cas échéant, un régime hygiéno-diététique approprié et une aide pour l’arrêt du tabac.

À quel âge débute la maladie ? Comment évolue-t-elle ?

• Dans la maladie de Fabry, le déficit enzymatique et l’accumulation de Gb3 qui en résulte, débutent avant même la naissance, dès la conception. Cependant, les premiers symptômes peuvent apparaître à différents âges de la vie.

• On a observé sur une vaste population de patients, que les différents symptômes apparaîssaient en moyenne à une période donnée de la vie des patients et que l’on pouvait regrouper les symptômes par « tranches d’âge d’apparition ».
Ainsi, en général, la maladie de Fabry évolue de manière linéaire tout en respectant plus ou moins 3 phases d’évolution :

  • La 1ère phase se situe entre la naissance et l’âge moyen de 20 ans :
    Les principaux symptômes rencontrés à cette période sont la survenue de douleurs aux extrémités, d’attaques douloureuses intenses, d’apparition de lésions sur la peau, de troubles de la transpiration, de troubles gastro-intestinaux, d’intolérance au chaud et/ou au froid et d’une cornée verticillée*.
  • La 2ème phase se situe entre 20 et 30 ans :
    Les principaux symptômes rencontrés à cette période sont l’apparition d’une manifestation clinique de l’atteinte rénale (protéinurie* asymptomatique*) et l’accentuation des troubles digestifs.
    Les lésions de la peau, l’intolérance au chaud et/ou au froid et la cornée verticillée* sont toujours présentes.
    Mais les douleurs aux extrémités et les attaques douloureuses ont tendance à diminuer naturellement.
  • La 3ème phase se situe après 30 ans :
    Les symptômes les plus graves apparaîssent généralement à cette période, mais il n’est pas rare que certaines de ces complications surviennent bien avant 30 ans :
  • Risque d’insuffisance rénale* terminale avec mise sous dialyse*, voire transplantation rénale.
  • Risque “d’attaque cérébrale” -* ou Accident Vasculaire Cérébral* transitoire ou constitué.
  • Risque d’Hypertrophie Ventriculaire Gauche* (gros coeur) – pouvant être associé à une insuffisance cardiaque, un risque d’infarctus du myocarde et des troubles du rythme pouvant entraîner la pose d’un pace-maker.
    À l’inverse, dans le même temps, les patients ressentent habituellement une diminution des douleurs tant au point de vue de l’intensité qu’en terme de fréquence d’apparition.

• L’espérance de vie était moins bonne dans la maladie de Fabry. Comparativement à la population générale, elle était, jusqu’en 2001, avant l’arrivée du traitement enzymatique substitutif, de 50 ans pour les hommes et de 70 ans pour les femmes (moyennes sur une population = médianes de survie).

Les symptômes

Les manifestations qui en résultent, plus ou moins graves, au niveau des différents organes

Existe-t-il des formes « typiques » de la maladie ou chaque histoire est-elle différente ?

• Non, il n’existe pas de formes « typiques » de la maladie de Fabry.

• L’étude d’une vaste population de patients (base de données FOS*) montre que certains symptômes surviennent plutôt à certains moments de la vie qu’à d’autres, comme les douleurs des extrémités au moment de l’enfance, ce qui permet de décrire une forme “générale” de la maladie.

• Cependant l’étude de chaque patient pris individuellement montre une grande variabilité entre les personnes atteintes de la maladie de Fabry, aussi bien pour les symptômes (l’apparition de symptômes n’est pas obligatoire) que pour leur date d’apparition (la période d’apparition des symptômes n’est pas prévisible dans le temps). Chaque patient développe ainsi sa propre forme de maladie de Fabry, sa propre “histoire”.

Les hommes et les femmes présentent-ils les mêmes symptômes ?

• Toutes les personnes, hommes ou femmes, atteintes de la maladie de Fabry peuvent présenter chacun des différents symptômes. Aucun des organes qui peuvent être atteints, n’est “protégé” si on est une femme ou un homme.

• Concernant les quelques différences entre hommes et femmes, il est communément acquis à l’heure actuelle que les femmes sont aussi atteintes que les hommes, mais leurs symptômes apparaîssent en moyenne avec un décalage de 10 à 15 ans plus tard par rapport aux hommes. Ainsi, l’étude d’une vaste population de patients (base de données FOS de plus de 700 patients : voir question I.8) montre qu’en moyenne, les 1ers symptômes apparaîssaient vers l’âge de 11 ans chez les garçons et de 22 ans chez les filles. De même, le diagnostic de la maladie de Fabry est posé en moyenne à l’âge de 25 ans chez les hommes et de 39 ans chez les femmes.

• Deux autres différences semblent se dessiner entre les hommes et les femmes :
l’atteinte rénale des femmes serait moins grave et aurait moins tendance à évoluer vers une insuffisance rénale* terminale et l’atteinte cardiaque des femmes serait en revanche plus précoce et plus grave.

Quelles sont les douleurs ou les attaques douloureuses qui peuvent être liées à la maladie de Fabry ?

• Certaines douleurs caractéristiques se rencontrent fréquemment dans la maladie de Fabry : il s’agit des acroparesthésies* et des crises douloureuses intenses.
Nous y reviendrons. Cependant d’autres douleurs, moins spécifiques et plus difficiles à classer, peuvent survenir. Face à une douleur, n’hésitez pas à en parler à votre médecin pour savoir si celle-ci a un rapport avec votre maladie.

• Les acroparesthésies sont des douleurs au niveau des mains et des pieds, qui irradient dans les avant-bras, les bras et dans les jambes. Elles prennent la forme de brûlures, de picotements et d’inconfort permanent qui évoluent en quelques minutes ou sur plusieurs jours. Ces douleurs sont souvent initialement discontinues puis ont tendance à devenir plus fréquentes et à entretenir un fond douloureux quotidien. Certains patients les décrivent comme “très intenses”. Elles peuvent être déclenchées par la chaleur ou par le froid, l’effort, le stress ou encore la fièvre, notamment lors des maladies infantiles. Aux acroparesthésies, peuvent s’associer de la fièvre (39-40° C), des douleurs musculaires, articulaires, abdominales et des douleurs lombaires ressemblant à celles qui sont générées par une appendicite ou une colique intense.

• Les crises douloureuses sont des épisodes aigus de douleurs brûlantes et intenses. Elles débutent au niveau des mains et des pieds et irradient dans les autres parties du corps.
Ces crises peuvent être invalidantes et durer de quelques minutes à plusieurs jours.

• L’étude d’une vaste population de patients atteints de la maladie de Fabry (base de données FOS de plus de 700 patients : voir question I.8) montre que les douleurs surviennent dès l’enfance, entre 3 et 10 ans. Elles sont présentes chez 8 patients sur 10. De 2 à 3 crises par an au cours de la petite enfance, elles évoluent vers une augmentation du nombre de crises, à laquelle s’ajoute un fond douloureux permanent (forme quotidienne atténuée des mêmes douleurs). À la fin de l’adolescence, les crises ont tendance à diminuer en intensité et en fréquence, puis entre 20 et 40 ans à finalement disparaître chez la majorité des patients.

Quelles sont les atteintes possibles de la peau ?

• Les principales atteintes de la peau sont de petites lésions rouge foncé. Ce sont soit des angiokératomes* soit des télangiectasies*.

• Parmi les autres atteintes de la peau qui peuvent apparaître, mais de façon moins fréquente, on peut citer l’oedème (lymphoedème* des membres inférieurs et supérieurs).
Face à une lésion cutanée ou à un bouton, n’hésitez pas à en parler à votre médecin pour savoir si cette lésion a un rapport avec votre maladie.

• Les angiokératomes sont de petites lésions rondes de 1 à 4 mm de diamètre, rouge foncé. Ils correspondent à une dilatation des vaisseaux capillaires sanguins présents sous la peau. Attention, il ne faut pas confondre les angiokératomes spécifiques de la maladie de Fabry avec des tâches rubis très fréquentes dans la population générale : les angiokératomes ont un aspect un peu granuleux tandis que les tâches rubis sont lisses. Les angiokératomes ne sont pas douloureux. Ils ont seulement un impact sur un plan esthétique.

• L’étude d’une vaste population de patients atteints de la maladie de Fabry (base de données FOS de plus de 700 patients : voir question I.8) montre que ces angiokératomes commencent à apparaître habituellement entre 6 et 18 ans. Ils sont présents chez 8 hommes sur 10 et chez plus de 3 femmes sur 10. Ils sont en nombre variable mais ont toutefois tendance à s’étendre avec le temps. Historiquement, les médecins attribuaient aux angiokératomes de la maladie de Fabry, une localisation “en caleçon”, c’est-à-dire sur les fesses, les hanches, les cuisses et les parties génitales.
Toutefois, l’analyse de la base FOS a permis de mettre en évidence de nombreuses localisations à distance du “caleçon” : sur les lèvres, l’extrémité des doigts, la paume des mains ou encore autour du nombril.

• Les télangiectasies* sont de toutes petites lésions de la peau, rouge foncé, également dues à une dilatation des vaisseaux capillaires sanguins, mais situées loin du coeur, généralement sur les extrémités (les pieds et les mains). Chez les hommes atteints de la maladie de Fabry, ces lésions apparaîssent chez 2 patients sur 10 vers l’âge de 22 ans. Chez les femmes, les télangiectasies apparaîssent vers 43 ans et sont présentes chez 2 patientes sur 10.

• L’oedème des membres (lymphoedème* des membres inférieurs et supérieurs) est un gonflement, dû à une mauvaise circulation de la lymphe*. Chez les hommes, il apparaît vers 39 ans et atteint plus de 2 patients sur 10. Chez les femmes, il apparaît vers 49 ans et atteint 1 patiente sur 10.

• Il peut être amélioré avec le port de bas de contention.

Quelles sont les anomalies de la transpiration et les anomalies de réaction au chaud et/ou au froid et/ou à l’effort et/ou au stress qui peuvent être liées à la maladie de Fabry ?

• On peut rencontrer tous les troubles possibles de la transpiration chez les patients atteints de la maladie de Fabry : une diminution de la transpiration (hypohidrose*)
(le trouble le plus fréquent), une augmentation de la transpiration (hyperhidrose*) ou une absence de transpiration (anhidrose*). Face à un problème de transpiration, n’hésitez pas à en parler à votre médecin pour savoir s’il a un rapport avec votre maladie.

• L’étude d’un grand nombre de patients atteints de la maladie de Fabry (base de données FOS de plus de 700 patients : voir question I.8) a établi que 6 hommes sur 10 et 4 femmes sur 10 étaient atteints d’hypohidrose, tandis que 1 homme sur 10 et 2 femmes sur 10 d’hyperhidrose.

• Ces troubles de la transpiration peuvent être associés à une intolérance à la chaleur et/ou au froid et/ou à l’effort physique et/ou au stress. Ces intolérances se manifestent par une gêne respiratoire, des nausées, des vomissements et de la fièvre.
Elles apparaîssent vers 12 ans chez les garçons et vers 18 ans chez les filles.
Elles sont présentes chez 4 à 5 patients sur 10 quel que soit le sexe.

• N.B : Il a été également rapporté dans la maladie de Fabry des cas de syndrome sec qui se caractérisent par des sécrétions diminuées de salive et/ou de larmes.

Quelles sont les atteintes rénales possibles ?

• Les principales atteintes rénales survenant dans la maladie de Fabry sont : l’insuffisance rénale* à ses différents stades et l’hypertension artérielle. Face à des troubles rénaux ou urinaires, n’hésitez pas à en parler à votre médecin pour savoir si ceux-ci ont un rapport avec votre maladie.

• L’insuffisance rénale est une dégradation progressive des tissus rénaux qui s’accompagne
en parallèle d’une diminution définitive des fonctions rénales (excrétion des déchets du corps, régulation de la tension artérielle…). L’insuffisance rénale* peut induire une production d’urine normale du point de vue de la quantité mais anormale au niveau de son contenu. L’insuffisance rénale évolue vers le stade d’insuffisance rénale terminale nécessitant un traitement par dialyse* (filtration) des déchets du sang puis, éventuellement, une transplantation rénale.

• En règle générale, l’insuffisance rénale évolue suivant 5 stades :

  • Stade 1 : il n’y a pas d’atteinte visible ; le rein fonctionne à plus de 90% de ses capacités normales.
  • Stade 2 : il n’y a pas d’atteinte visible ; le rein fonctionne entre 60 et 90% de ses capacités normales.
  • Stade 3 : une microalbuminurie (présence de protéines* en petite quantité mais anormale dans les urines) commence à apparaître et peut être dépistée avec une bandelette urinaire plongée dans les urines ; le rein ne fonctionne plus qu’entre 30 et 60 % de ses capacités normales.
  • Stade 4 : une protéinurie (présence de protéines en quantité anormalement élevée dans les urines) se développe et peut être dépistée avec la même bandelette urinaire ; le rein fonctionne entre 15 et 30 % de ses capacités normales.
  • Stade 5 : stade de l’insuffisance rénale terminale : le rein ne fonctionne qu’à moins de 15 % de ses capacités ; il est nécessaire d’instaurer un traitement par dialyse et/ou d’envisager une transplantation rénale.

• L’étude d’une vaste population de patients atteints de la maladie de Fabry (base de données FOS de plus de 700 patients : voir question I.8) montre que l’insuffisance rénale est l’une des atteintes les plus fréquentes chez les patients atteints de la maladie de Fabry et apparaît généralement vers l’âge de 30 ans chez les hommes.
Elle débute assez tôt et évolue, en particulier chez l’homme, rapidement vers l’insuffisance rénale terminale. Son évolution peut varier fortement entre les patients.
En l’absence de traitement, les patients atteignent le stade d’insuffisance rénale terminale dans un délai allant de quelques années à plus de 10 ans.

• L’hypertension artérielle est une élévation anormale et permanente de la tension exercée par la circulation du sang sur les parois artérielles (une tension normale chez une personne de moins de 60 ans est inférieure à 140/90 mm et chez une personne de plus de 60 ans de 160/90 mm). À court terme, elle n’entraîne aucun symptôme, mais à plus long terme est responsable de complications cardio-vasculaires sévères et constitue un facteur de progression de l’insuffisance rénale.

• Dans la maladie de Fabry, l’hypertension artérielle atteint 1 patient sur 2.

Quelles sont les atteintes cardiaques possibles ?

• Les atteintes cardiaques sont fréquentes dans la maladie de Fabry. Il existe 2 formes principales : un “gros coeur” aussi appelé Hypertrophie du Ventricule Gauche* (HVG) et une angine de poitrine* qui peut évoluer vers un infarctus.

• L’HVG consiste en une augmentation anormale de la taille du ventricule gauche du coeur, en relation avec l’accumulation des dépôts de Gb3 dans les lysosomes des cellules musculaires cardiaques. Chez certains patients, le coeur peut doubler de volume par rapport à sa taille normale. Cette atteinte s’exprime habituellement par un essoufflement à l’effort et plus rarement par une douleur compressive en étau au milieu de la poitrine. Au fur et à mesure de l’augmentation de la taille du coeur, l’HVG se complique d’une insuffisance cardiaque (essoufflement pour des efforts de moins en moins prononcés puis essoufflement permanent et apparition d’oedèmes – gonflements - dans les jambes). Ces symptômes témoignent de la diminution de la capacité du coeur à se contracter.

• L’étude d’une vaste population de patients atteints de la maladie de Fabry (base de données FOS de plus de 700 patients : voir question I.8) a mis en évidence que l’HVG touchait 9 patients ayant une atteinte cardiaque sur 10.

• L’angine de poitrine correspond à une douleur compressive en étau, au milieu de la poitrine qui survient habituellement lors d’un effort. Elle résulte d’un manque d’oxygénation des cellules musculaires du coeur, lié à une mauvaise circulation du sang dans les artères coronaires. Dans un second temps, l’angine de poitrine peut évoluer vers l’infarctus du myocarde. Les symptômes ressentis sont alors une douleur très violente, prolongée sur plusieurs heures accompagnée de sueurs froides, de chutes de pression artérielle, de nausées, voire d’étouffements ou de malaise. Ces symptômes imposent une hospitalisation en urgence.
Les autres atteintes cardiaques, plus rares, sont des troubles du rythme, des troubles de la contraction du coeur et des valvulopathies (épaississement des valves qui provoque un souffle au coeur). Face à un symptôme cardiaque, n’hésitez pas à en parler à votre médecin pour savoir si celui-ci a un rapport avec votre maladie.

Quelles sont les atteintes cérébrales possibles ?

• La principale atteinte possible est “l’attaque cérébrale”, appelée également Accident Vasculaire Cérébral* (AVC). L’AVC peut revêtir deux formes : Transitoire ou Constitué.

• L’AVC repose sur une diminution brutale de l’irrigation sanguine du cerveau, due à l’obstruction d’une artère du cerveau. Les manifestations visibles sont plus ou moins graves : perte de connaissance, nausées ou vomissements, vue double, troubles de l’équilibre, perte de facultés intellectuelles, comme la parole, et surtout paralysie d’un membre ou d’un côté complet du corps (hémiplégie). Les symptômes peuvent être transitoires (réversibles dans les 24 heures sans séquelles) ou constitués (irréversibles au-delà de 24 heures). Un AVC constitué peut être fortement invalidant pour la personne si l’atteinte porte sur des fonctions importantes, comme la motricité des bras et des jambes, la parole ou la mémoire. Face à une de ces manifestations, parlez-en rapidement à votre médecin.

• L’étude d’une vaste population de patients atteints de la maladie de Fabry (base de données FOS de plus de 700 patients : voir question I.8) montre que les AVC surviennent généralement tôt dans la vie (34 ans en moyenne pour les hommes et 40 ans pour les femmes) voire plus précocement. Ils touchent plus d’1 patient sur 4, quel que soit le sexe. Un accident transitoire est un signe d’alerte qui doit être rapidement diagnostiqué et traité pour éviter une récidive plus sévère. La récidive est fréquente, chez les hommes dans 7 cas sur 10 et chez les femmes, dans 8 cas sur 10, avec un taux de mortalité de 55% chez les hommes et de 40 % chez les femmes.

Quelles sont les atteintes oculaires possibles qui peuvent être liées à la maladie de Fabry ?

• Les principales atteintes oculaires sont la cornée verticillée* et la cataracte*. Toutefois, d’autres atteintes oculaires sont possibles. Face à un trouble oculaire, n’hésitez pas à en parler à votre médecin pour savoir si celui-ci a un rapport avec votre maladie.

• Une cornée verticillée consiste en un dépôt grisâtre dans la cornée de l’oeil de forme diffuse ou linéaire en “moustache de chat” et d’aspect tourbillonnant.
Les atteintes oculaires sont généralement présentes sur les 2 yeux de manière plus ou moins symétrique. Elles n’entraînent que très rarement un retentissement sur la vision (uniquement dans les cas de cornée verticillée majeure), à savoir une intolérance à la lumière vive et une baisse progressive de l’acuité visuelle.

• Dans la maladie de Fabry, cette atteinte apparaît dès le plus jeune âge et touche plus de 7 patients sur 10, quel que soit le sexe.

• Une cataracte, quant à elle, consiste en un dépôt au niveau du cristallin de l’oeil, formant une opacité sur celui-ci.

• Dans le cas de la maladie de Fabry, la cataracte est dite “en rayons de roues” due à la forme des dépôts. La gêne visuelle est discrète et ne justifie généralement pas de chirurgie oculaire réparatrice.

Quelles sont les atteintes auditives possibles ?

• Les troubles de l’audition sont en général des pertes d’audition, des vertiges et des sensations d’acouphène* (bourdonnement, sifflement ou tintement).
Face à un symptôme d’ordre auditif, n’hésitez pas à en parler à votre médecin pour savoir si celui-ci a un rapport ou non avec la maladie.

• L’étude sur une vaste population de patients atteints de la maladie de Fabry (base de données FOS de plus de 700 patients) a permis de mettre en évidence que des troubles de l’audition touchaient 1 patient sur 2. Chez plusieurs patients atteints de la maladie de Fabry, il a été rapporté une perte progressive de l’audition et l’apparition d’une surdité importante, en relation avec l’accumulation de Gb3 dans les neurones sensoriels.

• Les sensations de vertige sont dues à une atteinte de l’oreille interne, organe responsable de l’équilibre. Elles peuvent se prolonger sur plusieurs jours, recommencer fréquemment ou encore laisser place à une sensation d’instabilité permanente.

Quels sont les troubles digestifs qui peuvent être liés à la maladie de Fabry ?

• Les troubles digestifs associés à la maladie de Fabry sont des douleurs abdominales diffuses ou chroniques, des diarrhées, des constipations, des nausées et vomissements, une sensation de plénitude (satiété précoce et inconfort après avoir mangé) et/ou
des douleurs abdominales intenses faisant penser à une appendicite ou une forte colique. Face à un trouble gastro-intestinal, n’hésitez pas à en parler à votre médecin pour savoir si celui-ci est lié à votre maladie.

• L’étude d’une vaste population de patients atteints de la maladie de Fabry (base de données FOS de plus de 700 patients : voir question I.8) a mis en évidence que ces symptômes d’ordre digestif sont fréquents et peuvent survenir dès l’enfance.
Ils concernent 1 patient sur 2 à l’âge adulte.

Le manque d’énergie et la fatigue chronique peuvent-ils être liés à la maladie de Fabry ?

• Oui, un des symptômes très souvent rapporté par les patients est une fatigue réelle et intense engendrant une faiblesse généralisée qui entrave une grande partie des activités quotidiennes. Face à une fatigue chronique, n’hésitez pas à en parler à votre médecin pour savoir si celle-ci est liée ou non à votre maladie.

• Il est alors recommandé au patient d’apprendre à économiser ses efforts, à s’abstenir de pratiquer certaines activités ou à les gérer dans le temps afin de ne pas s’épuiser.
Il est également recommandé de se préparer aux changements de température et de climat, en cas de voyage, par exemple.

Quels sont les risques graves d’évolution ?

• Les risques graves d’évolution dans la maladie de Fabry sont :

  • L’attaque cérébrale ou l’Accident Vasculaire Cérébral* (AVC) qui peut survenir très tôt dans la vie du patient (même avant 30 ans).
  • Les atteintes cardiaques (hypertrophie du ventricule gauche*, insuffisance cardiaque et infarctus*, troubles du rythme).
  • Les atteintes rénales (insuffisance rénale* terminale).

• C’est habituellement après 30 ans que ces symptômes graves apparaîssent.
Toutefois, les atteintes cérébrales et cardiaques peuvent survenir précocement et sans prévenir. Ainsi une attaque cérébrale a été décrite à l’âge de 12 ans.
L’atteinte rénale débute habituellement avant 30 ans, mais n’est souvent ressentie que lorsqu’elle est déjà à un stade avancé. Ce sont ces 3 atteintes dont il est important de surveiller les signes avant-coureurs et l’évolution.

• L’espérance de vie était diminuée dans la maladie de Fabry. En effet, elle était, jusqu’en 2001, avant l’arrivée du traitement enzymatique substitutif, de 50 ans pour les hommes et de 70 ans pour les femmes (médianes de survie). Le recul de plusieurs années de traitement permettra de vérifier si le traitement enzymatique substitutif permet bien, comme on le pressent fortement, d’augmenter l’espérance de vie des hommes et des femmes.

Diagnostic, bilan et suivi

Le diagnostic, le bilan et le suivi de la maladie de Fabry

Démarche diagnostique

CHEZ L’HOMME
La maladie de Fabry peut être suspectée devant des signes cliniques caractéristiques ou lors d’un dépistage systématique de population à risque présentant des atteintes organiques sans cause définie (insuffisance rénale, accident vasculaire cérébral du sujet jeune, hypertrophie du cœur…)
Le dosage enzymatique permet de poser le diagnostic, en effet un homme atteint présente une activité a-Galactosidase A nulle ou effondrée (activité résiduelle de 0 à 35 %). Une étude moléculaire permettra de confirmer le diagnostic et de se doter des outils pour réaliser une étude familiale.

CHEZ LA FEMME
La démarche diagnostique demeure la même. En effet, la femme hétérozygote n’est pas uniquement vectrice de la pathologie mais présente très généralement des signes cliniques. Il est donc essentiel de procéder au dépistage de la maladie de Fabry chez des sujets féminins à risque.
Le diagnostic chez la femme ne repose pas sur le dosage de l’activité enzymatique, en effet, une femme peut présenter une activité a-Galactosidase A normale. L’analyse moléculaire du gène GLA représente le seul moyen d’établir le diagnostic chez la femme hétérozygote. Il est à noter que le dosage du Gb3 urinaire peut être un bon indicateur et peut surtout constituer un outil de dépistage des populations à risque.

Place des biopsies tissulaires dans le diagnostic de la maladie de Fabry

  • biopsie cutanée au niveau des régions présentant des angiokératomes : les dépôts de Gb3 sont caractéristiques mais cet examen n’est plus pratiqué actuellement à visée diagnostique.
  • biopsie rénale : cette biopsie peut permettre le diagnostic initial. En effet, ce geste est pratiqué devant une protéinurie* inexpliquée et l’examen histologique au microscope permet d’évaluer le niveau d’accumulation du Gb3 et/ou de confirmer le diagnostic.
Quel est le bilan habituellement réalisé dans la maladie de Fabry ? Dans quels buts sont réalisés ces différents examens ?

• Le bilan habituel d’un patient qui vient d’être diagnostiqué, vise à évaluer l’impact de la maladie sur ses différents organes. Ces examens servent de données de base pour mesurer la progression de la maladie et/ou l’efficacité du traitement spécifique.
Ce bilan consiste en :

  • Une évaluation objective de l’intensité des douleurs à l’aide d’une échelle validée de cotation de la douleur.
  • Un examen clinique complet (taille, poids, etc…).
  • La recherche d’une consommation de tabac et/ou d’alcool.
  • Un interrogatoire précis, à la recherche de troubles de la transpiration, d’une intolérance au froid, au chaud, à l’effort physique ou au stress, de symptômes neurologiques pouvant évoquer un accident vasculaire cérébral transitoire, de la survenue de symptômes ORL (vertiges, troubles de l’audition…), pulmonaires (toux, difficultés à respirer…) ou digestifs (diarrhée, constipation, satiété précoce).
  • Une bandelette urinaire pour rechercher la présence de protéines* ou de sang dans les urines.
  • Dans certains cas, une biopsie rénale pour évaluer l’atteinte rénale.
  • Un électrocardiogramme*, une échographie cardiaque ou une IRM* cardiaque pour évaluer le niveau d’atteinte cardiaque et dépister ainsi les signes avant-coureurs de complications.
  • Une IRM cérébrale pour rechercher des atteintes cérébrales (notamment des séquelles d’attaques cérébrales transitoires qui auraient pu passer inaperçues).
  • Un audiogramme* pour mesurer la perte d’audition.
  • Un examen de la peau, à la recherche d’angiokératomes* et/ou de télangiectasies*, et de lymphoedème*.
  • Une évaluation psychologique pour mesurer l’impact de la maladie sur le moral du patient.

• Par ailleurs, une évaluation sociale et professionnelle pourra être effectuée dans un deuxième temps afin de déterminer les aménagements possibles à mettre en place pour faciliter la vie du patient.

Quels sont les examens indispensables au suivi et à la surveillance de la maladie de Fabry ? Dans quels buts sont-ils réalisés ?

• Il est important de préciser que les examens cités ici ne sont pas “obligatoires”.
Votre médecin est le seul habilité à décider de la pertinence et du rythme auquel ces examens doivent être éventuellement réalisés.

• Les consultations régulières :
Au cours de ces consultations, votre médecin pourra réaliser :

  • Une évaluation objective de vos douleurs à l’aide d’une échelle validée de cotation de la douleur.
  • Un interrogatoire précis, à la recherche de symptômes neurologiques pouvant évoquer un accident vasculaire cérébral* transitoire, de symptômes ORL (vertiges, troubles de l’audition…), pulmonaires (toux, difficultés à respirer…) ou digestifs (diarrhée, constipation, satiété précoce).
  • Un examen de la peau, à la recherche d’angiokératomes*, de télangiectasies* et de lymphoedème*.
  • Une auscultation des poumons, à la recherche de sifflements pulmonaires ou d’un encombrement des bronches.
  • Une mesure de la tension artérielle, à la recherche de l’apparition d’une HTA*.
  • Une bandelette urinaire pour surveiller l’atteinte rénale en recherchant l’apparition de protéines* ou de sang dans les urines.
  • Un électrocardiogramme* (ECG) pour surveiller l’atteinte cardiaque, en recherchant d’éventuelles d’anomalies du tracé, susceptibles de traduire une des multiples atteintes cardiaques de la maladie de Fabry.
  • Et parfois, une évaluation objective de la qualité de vie à l’aide d’une échelle validée de qualité de vie.

• Les examens complémentaires réguliers :

  • Au niveau cérébral, l’examen clé est l’IRM* cérébrale (Imagerie par Résonance Magnétique) qui permet de visualiser d’éventuelles lésions cérébrales présymptomatiques (avant les symptômes) ou liées à un accident vasculaire cérébral transitoire passé inaperçu.
  • Au niveau cardiaque, les deux examens clés sont l’échographie cardiaque et l’IRM* cardiaque. L’échographie permet de visualiser un gros coeur et des anomalies des valves cardiaques. L’IRM* permettrait une mesure plus précise de la taille du coeur, ce qui peut être important pour surveiller l’efficacité du traitement.
  • Au niveau rénal, l’examen clé est la mesure du Débit de Filtration Glomérulaire qui permet de mesurer la fonction rénale et donc de dépister l’apparition progressive d’une insuffisance rénale* chronique. L’échographie rénale est intéressante pour rechercher des gros reins ou des kystes* du rein (associés fréquemment à la maladie de Fabry). La biopsie rénale est parfois utilisée pour évaluer le niveau de l’atteinte rénale ou l’efficacité du traitement.

• Les autres examens complémentaires :

  • Au niveau ORL, l’examen clé est l’audiogramme* réalisé en consultation ORL, qui permet de dépister l’apparition des troubles de l’audition, telle une hypoacousie* bilatérale.
  • Au niveau ophtalmologique, différents examens sont réalisés en consultation d’Ophtalmologie : mesure de l’acuité visuelle à la recherche d’une baisse de l’acuité, examen à la lampe à fente pour dépister ou surveiller une cornée verticillée* et/ou une cataracte*, réalisation d’un fond d’oeil à la recherche d’une tortuosité des vaisseaux.

Le traitement

Les médicaments spécifiques de la maladie de Fabry : les traitements enzymatiques substitutifs.
Données mises à jour en juin 2008 à partir des derniers rapports européens publics d’évaluation (EPAR)

Que faut-il savoir sur Fabrazyme ® ?

Qu’est-ce que Fabrazyme ® ?
Fabrazyme ® est une solution pour perfusion (goutte-à-goutte dans une veine) dont le principe actif est l’agalsidase bêta.

Dans quel cas Fabrazyme ® est-il utilisé ?
Fabrazyme ® est utilisé dans le traitement des patients atteints de la maladie de Fabry, une maladie héréditaire rare. Les patients atteints de la maladie de Fabry présentent un déficit en une enzyme appelée alpha-galactosidase A, qui élimine habituellement une substance grasse appelée globotriaosylcéramide (GL-3). En l’absence de cette enzyme, le GL-3 n’est pas éliminé et s’accumule dans les cellules de l’organisme, telles que les cellules rénales.
Les personnes atteintes de la maladie de Fabry peuvent présenter toute une série de symptômes et de signes, dont certaines déficiences graves telles que dysfonctionnements rénaux, troubles cardiaques et accidents vasculaires cérébraux.
Vu que le nombre de patients atteints de la maladie de Fabry est très réduit, la maladie est considérée comme « rare » et Fabrazyme ® a été désigné comme un « médicament orphelin » (un médicament utilisé pour les maladies rares) le 8 août 2000. Le médicament n’est délivré que sur ordonnance.

Comment Fabrazyme ® est-il utilisé ?
Seul un médecin ayant l’expérience de la prise en charge des patients atteints de la maladie de Fabry ou d’une autre maladie métabolique héréditaire peut prescrire Fabrazyme ®. Celui-ci est administré par perfusion intraveineuse à raison d’1 mg par kilogramme de poids corporel, toutes les deux semaines.
La vitesse de perfusion initiale ne doit pas dépasser 0,25 mg par minute (15 mg par heure) afin de minimiser le risque d’effets indésirables liés à la perfusion. La vitesse de perfusion peut être augmentée progressivement pour les perfusions ultérieures. Une étude a examiné le devenir de Fabrazyme ® en cas d’administration à des enfants et a suggéré que Fabrazyme ® pouvait être utilisé chez des enfants âgés de huit à 16 ans, à la même dose. Les patients atteints de lésions rénales graves peuvent avoir une réaction plus faible au traitement. Fabrazyme ® est conçu pour un usage de longue durée.

Comment Fabrazyme ® agit-t-il ?
Fabrazyme ® est un traitement enzymatique substitutif. Les traitements enzymatiques substitutifs permettent d’apporter aux patients l’enzyme qui leur font défaut. Fabrazyme ® est conçu pour remplacer l’enzyme humaine alpha-galactosidase A absente chez les patients présentant un diagnostic de la maladie de Fabry. Le principe actif de Fabrazyme ® est l’agalsidase bêta, une forme de l’enzyme humaine produite selon une méthode connue sous le terme de « technique de l’ADN recombinant » : elle est fabriquée par une cellule ayant reçu un gène (ADN) la rendant capable de produire cette enzyme.
L’enzyme de substitution permet d’éliminer le GL-3 et empêche son accumulation à l’intérieur des cellules du patient.

Quelles études ont été menées avec Fabrazyme ® ?
Trois études cliniques menées auprès de 73 patients adultes au total ont été présentées. Dans l’étude principale, Fabrazyme ® a été comparé à un placebo (traitement fictif) chez 58 patients. L’étude a analysé l’effet des médicaments sur l’élimination du GL-3 hors du rein.
L’efficacité de Fabrazyme ® a également été testée chez 16 enfants âgés de huit à 16 ans atteints de la maladie de Fabry.

Quel est le bénéfice démontré par Fabrazyme ® au cours des études ?
Dans l’étude principale, Fabrazyme ® a permis d’obtenir une élimination très significative et presque complète du GL-3 hors des cellules rénales après 20 semaines de traitement : 69% des patients traités par Fabrazyme ® ont enregistré les meilleurs résultats d’élimination, par rapport à aucun des patients sous placebo. Ces résultats peuvent se traduire par une amélioration des symptômes liés à la maladie
ou par une stabilisation de la maladie. Les enfants traités par Fabrazyme ® ont également présenté un abaissement des taux de GL-3 dans le sang, avec un retour à la normale pour tous les enfants après 20 semaines de traitement. Ce retour était
accompagné d’une diminution des symptômes et d’une amélioration de la qualité de vie.

Quel est le risque associé à l’utilisation de Fabrazyme ® ?
Les effets indésirables les plus fréquemment observés sous Fabrazyme ® (chez plus d’1 patient sur 10) sont provoqués par la perfusion, et non par le médicament. Les réactions les plus couramment rapportées ont été de la fièvre et des frissons. D’autres effets indésirables fréquemment constatés ont été les suivants : céphalées (maux de tête), paresthésies (sensations anormales, comme des fourmillements et des picotements), nausées (malaises), vomissements, bouffées vasomotrices
(rougeurs), perceptions de froid. Les effets secondaires observés chez les enfants sont similaires à ceux qui sont observés chez les patients adultes. Pour avoir le détail de tous les effets indésirables observés lors de l’utilisation de Fabrazyme ®, voir la notice.
Les patients sous Fabrazyme ® peuvent développer des anticorps (protéines produites en réaction à Fabrazyme ® et susceptibles d’affecter le traitement), Fabrazyme ® ne doit pas être utilisé chez les patients susceptibles de présenter une hypersensibilité (allergie) à l’agalsidase bêta ou à l’un de ses autres composants.

Pourquoi Fabrazyme ® a-t-il été approuvé ?
Le comité des médicaments à usage humain (CHMP) a considéré que le traitement par Fabrazyme ® pouvait procurer des bénéfices cliniques à long terme aux patients atteints par la maladie de Fabry. Le CHMP a estimé que les bénéfices de Fabrazyme ® sont supérieurs aux risques qu’il comporte pour un traitement enzymatique substitutif de longue durée chez les patients présentant un diagnostic confirmé de la maladie de Fabry. Le comité a recommandé l’octroi d’une autorisation de mise sur le marché pour Fabrazyme ®.
Fabrazyme® a été initialement autorisé dans des « Circonstances exceptionnelles » dans la mesure où, s’agissant d’une maladie rare, les données disponibles au moment de l’approbation étaient limitées. La société ayant présenté les informations complémentaires demandées, les « circonstances exceptionnelles » ont pris fin le 6 février 2008.

Autres informations relatives à Fabrazyme® :
La Commission européenne a délivré une autorisation de mise sur le marché valide dans toute l’Union européenne pour Fabrazyme® à Genzyme Europe B.V., le 3 août 2001. L’autorisation de mise sur le marché a été renouvelée le 3 août 2006.

Que faut-il savoir sur Replagal ® ?

Qu’est-ce que Replagal ® ?
Replagal ® est une solution pour perfusion dont la substance active est l’agalsidase alfa.

Dans quel cas Replagal ® est-il utilisé ?
Replagal ® est utilisé dans le traitement des patients atteints de la maladie de Fabry, maladie héréditaire rare. Les patients atteints de la maladie de Fabry présentent un déficit en alpha-galactosidase A, une enzyme qui élimine habituellement une substance grasse appelée globotriaosylcéramide (Gb-3). En l’absence de cette enzyme, le Gb3 n’est pas éliminé et s’accumule dans les cellules, telles que les cellules rénales. Les personnes atteintes de la maladie de Fabry peuvent présenter toute une série de symptômes et de signes, dont certaines déficiences graves telles que dysfonctionnements rénaux, troubles cardiaques et accidents vasculaires cérébraux.
Étant donné que le nombre de patients atteints de la maladie de Fabry est peu élevé, la maladie est considérée « rare », et Replagal ® a reçu la désignation de « médicament orphelin » (médicament utilisé pour des maladies rares) le 8 août 2000.
Le médicament n’est délivré que sur ordonnance.

Comment Replagal ® est-il utilisé ?
Seul un médecin ayant l’expérience de la prise en charge des patients atteints de la maladie de Fabry ou d’une autre maladie métabolique héréditaire peut prescrire Replagal ®. Celui-ci est administré par perfusion intraveineuse à raison de 0,2 mg/kg de poids corporel pendant 40 minutes, toutes les deux semaines. Certaines études ont examiné l’action du Replagal ® lorsqu’il est administré aux enfants ; elles suggèrent son usage chez des enfants dont l’âge se situe entre 7 et 18 ans, à la même dose. Les patients atteints de dysfonctionnements rénaux graves peuvent réagir moins bien au traitement. Replagal ® est recommandé pour un usage à long terme.

Comment Replagal ® agit-il ?
Replagal ® est un traitement enzymatique substitutif permettant d’apporter aux patients l’enzyme manquante dans leur organisme. Replagal ® vise à remplacer l’enzyme humaine alpha-galactosidase A absente chez les patients présentant un diagnostic de la maladie de Fabry. La substance active de Replagal ® est l’agalsidase alfa, une forme de l’enzyme humaine produite selon une méthode connue sous le terme de « technologie de l’ADN recombinant ». Elle est produite par une cellule qui a reçu un gène (ADN) lui permettant de produire l’enzyme. L’enzyme de substitution permet d’éliminer le Gb3 et empêche son accumulation à l’intérieur des cellules.

Quelles études ont été menées avec Replagal ® ?
Replagal ® a été examiné dans le cadre de deux études cliniques comptant au total 40 patients masculins. Replagal ® a été comparé avec un placebo (traitement factice) ; son effet sur la douleur a été mesuré dans une étude et son effet sur l’élimination de Gb3 du ventricule gauche (muscle du cœur) a été étudié dans une autre étude. Une étude supplémentaire a été réalisée chez 15 patients (porteurs) féminins. Replagal ® a également été étudié auprès de 24 enfants dont l’âge varie entre 6 ans et demi et 18 ans.

Quel est le bénéfice démontré par Replagal ® au cours des études ?
On a constaté qu’après 6 mois de thérapie, les patients traités avec Replagal ® voyaient leur douleur sensiblement diminuer par rapport à ceux traités par placebo. Replagal ® réduit la masse du ventricule gauche de 11,5 g, alors que les patients sous placebo ont vu la masse de leur ventricule gauche augmenter de 21,8 g. Ces résultats suggèrent une amélioration des symptômes de la maladie ou une stabilisation de cette dernière.
Les effets constatés chez les patients féminins se sont avérés être comparables à ceux constatés chez les patients masculins. Les enfants qui ont reçu un traitement de 6 mois avec Replagal ® n’ont pas expérimenté d’augmentation de volume du cœur, et les niveaux de Gb3 dans leur sang étaient réduits.

Quel est le risque associé à l’utilisation de Replagal ® ?
Les études ont révélé que les effets indésirables les plus fréquemment observés (remarqués chez plus d’1 patient sur 10) sont provoqués par la perfusion, et non par le médicament. Ces réactions sont principalement des frissons, des maux de tête, des nausées, de la pyrexie (fièvre), des rougeurs au visage et de la fatigue, et sont rarement graves. D’autres effets secondaires fréquents sont de la douleur et une sensation d’inconfort. Les effets secondaires observés chez les enfants sont similaires à ceux remarqués chez les adultes. Pour une liste complète des effets indésirables observés sous Replagal ®, veuillez vous reporter à la notice.
Les patients sous Replagal ® peuvent développer des anticorps (protéines produites en réaction à Replagal ® et susceptibles d’affecter le traitement).
Replagal ® ne doit pas être utilisé chez les patients susceptibles de présenter une hypersensibilité (allergie) à l’agalsidase alfa ou à l’un de ses autres composants.

Pourquoi Replagal ® a-t-il été approuvé ?
Il a été décidé par le comité des médicaments à usage humain (CHMP) que le traitement par Replagal ® pouvait procurer des bénéfices cliniques à long terme aux patients atteints de la maladie de Fabry. Le CHMP a décidé que le rapport bénéfice-risque de Replagal ® était favorable et a recommandé l’octroi d’une autorisation de mise sur le marché.
Replagal ® a été autorisé dans des « circonstances exceptionnelles » dans la mesure où, s’agissant d’une maladie rare, une information complète concernant le médicament n’a pas pu être obtenue. Chaque année, l’Agence européenne des médicaments (EMEA) examine toute information nouvelle éventuellement disponible et, le cas échéant, procède à la mise à jour du présent résumé.

Quelles informations sont encore en attente au sujet de Replagal ® ?
La société qui fabrique Replagal ® réalisera d’autres études sur ce médicament, en s’appuyant en particulier sur les résultats d’un traitement sur 5 ans, d’autres dosages, les dosages d’entretien et les études sur les enfants.

Autres informations relatives à Replagal ® :
Le 3 août 2001, la Commission européenne a délivré à TKT Europe AB une autorisation de mise sur le marché pour Replagal ®, valable a été renouvelée le 3 août 2006.

L’origine génétique

L’origine génétique et le mécanisme d’action de la maladie de Fabry

Comment définir le patrimoine génétique et quelle est sa provenance ? Où, sous quelle forme et comment se présente le patrimoine génétique dans le corps ?

• Le patrimoine génétique d’un individu correspond aux informations permettant la fabrication des éléments dont chaque cellule a besoin tout au long de sa vie. Chaque individu possède son propre patrimoine génétique dont il a hérité pour moitié de sa mère et pour l’autre moitié de son père. Le patrimoine génétique se trouve dans le noyau des cellules sous la forme de filaments très fins et compacts appelés chromosomes.

• Chaque être humain a hérité de chromosomes* provenant de sa mère et de son père exactement de 23 chacun, soit au total 46 chromosomes. Parmi ces 23 chromosomes hérités de chaque parent, 22 sont identiques pour les 2 parents. Le 23ème, appelé chromosome sexuel, est différent chez l’homme et la femme. Le chromosome sexuel de l’homme est appelé chromosome Y, celui de la femme chromosome X .
Ainsi un homme possède un chromosome Y qui provient de son père et un chromosome X qui provient de sa mère.
La femme possède 2 chromosomes sexuels X, un hérité de son père et un de sa mère.

De quoi sont composés les chromosomes ? Qu’est-ce qu’un gène ? À quoi servent-ils et que permettent-ils ?

• Les chromosomes* sont de fins filaments composés d’une substance (code d’information) appelé ADN*.

• Un gène est une séquence d’ADN*. C’est l’élément unitaire du patrimoine génétique.

• Les gènes servent, à travers leur code, à déterminer soit les éléments communs à tout homme, soit les éléments particuliers de chaque individu (couleur des yeux par exemple).

• Les gènes permettent la production de protéines* assurant le fonctionnement de l’organisme.

Qu’est-ce qu’une mutation génétique et quelles en sont les conséquences ? Quelles sont les causes des mutations génétiques ?

• Une mutation génétique* est une modification de la séquence d’ADN* d’un gène*. Il en résulte une information erronée dans la fabrication des protéines*. De ce fait, les protéines sont absentes, déficientes ou insuffisantes.

• Les causes des mutations génétiques* sont généralement mal connues. Les mutations génétiques peuvent être causées par des facteurs environnementaux, comme la pollution atmosphérique ou les radiations, mais peuvent également survenir spontanément d’une génération à l’autre sans cause apparente.

Une mutation génétique sur un chromosome sexuel se transmet-elle automatiquement ?

• Les mutations génétiques*, existant sur les chromosomes* sexuels, suivent la distribution naturelle des chromosomes ; ainsi, si la mutation est sur le chromosome X, 2 cas sont possibles : c’est le X du père qui possède la mutation : seules ses filles seront atteintes ; c’est le X de la mère qui possède la mutation : ses filles et ses fils seront aléatoirement atteints.

Quelle est l’anomalie génétique en cause dans la maladie de Fabry ?

• Dans la maladie de Fabry, c’est le chromosome sexuel X qui comporte une mutation.

• Cette mutation provoque une fabrication imparfaite d’une protéine* “enzymatique”, appelée Alpha-galactosidase A.

• Cette protéine enzymatique ou enzyme* permet de couper et d’éliminer certains lipides* au sein d’une structure appelée lysosome* et qui existe dans toutes les cellules du corps humain.

• Ces lipides qui ne sont plus éliminés s’accumulent à l’intérieur des cellules empêchant le bon fonctionnement de nombreux organes.

Tous les membres d’une même famille atteints, présentent-ils les mêmes signes ?

• Il faut noter que, de façon surprenante, l’expression (les symptômes) de la maladie de Fabry peut varier entre les membres de la même famille pourtant tous porteurs de la même mutation génétique*.

• Ainsi, un enfant atteint de la maladie pourra être intolérant au chaud et au froid, et sa mère n’avoir jamais ressenti de tels symptômes. Cette variabilité n’est pas encore expliquée par les spécialistes de la maladie de Fabry. L’étude d’un grand nombre de famille de patients pourra peut-être un jour répondre à cette question.