Les questions / réponses : vivre et aider les malades

agrandir la police reduire la police imprimer

Accueil > Tout savoir ! > L’essentiel


L’essentiel

Pourquoi s’appelle-t-elle « Fabry » et quand a-t-elle été décrite pour la première fois ?

• C’est en 1898 que le dermatologue allemand Johannes Fabry a, pour la première fois, posé l’hypothèse que les différents symptômes n’étaient pas isolés les uns des autres mais liés entre eux. Comme c’est le cas pour d’autres maladies, il a été attribué à cette maladie le nom du 1er médecin ayant posé le diagnostic.

• Il est à noter, qu’indépendamment de Johannes Fabry, la même année, un autre dermatologue anglais William Anderson effectua la même analyse. C’est pourquoi il est possible de trouver des informations sur la maladie de Fabry sous l’appellation « Anderson-Fabry », en particulier des informations de source anglophone. Malgré cette différence de nom, il s’agit bien de la même maladie.

Combien de personnes en France, en Suisse et en Europe sont-elles atteintes de la maladie de Fabry ?

• En moyenne dans le monde, on estime qu’il naît une personne atteinte de la maladie de Fabry sur 40 000 à 117 000 naissances, ce qui porte le nombre de patients français à 1000 ou 1500. Ces chiffres pourraient être toutefois sous-estimés. Aujourd’hui, on dénombre en France environ 300 patients diagnostiqués et plus de 180 patients traités.

• En Suisse, le nombre de patients diagnostiqués est de plus de 100 dont 50 sont traités avec un traitement spécifique.

• Au total, en Europe, on compterait environ 1000 personnes atteintes de la maladie de Fabry et diagnostiquées.

Qu’est-ce que la maladie de Fabry ?

• C’est une maladie héréditaire causée par une anomalie génétique*, qui concerne toute une famille et se transmet de génération en génération.

• Les hommes et les femmes peuvent être atteints et transmettre la maladie ; cette anomalie génétique est à l’origine d’une maladie chronique et évolutive dans le temps, touchant progressivement différents organes, et dont les manifestations les plus graves finissent par toucher le cerveau, le coeur et les reins ; en l’absence d’un cas familial connu, le diagnostic s’avère difficile, et le patient reste en moyenne plus de 13 années avant que le diagnostic ne soit fait.

À quoi est-elle due ? Pourquoi parle-t-on de « déficit enzymatique » ?

• Les anomalies génétiques, comme celle qui est responsable de la maladie de Fabry, se situent sur les chromosomes. Les chromosomes sont contenus dans toutes les cellules, et permettent la production de protéines*, indispensables au bon fonctionnement du corps humain.

• Dans le cas de la maladie de Fabry, l’anomalie génétique, qui est en cause, provoque la fabrication imparfaite d’un type de protéine appelée enzyme. Cette enzyme, l’Alpha-galactosidase A, permet normalement de couper et d’éliminer certains lipides à l’intérieur des cellules, les glycosphingolipides*, dont le Gb3.
Le Gb3 existe dans toutes les cellules et est utilisé dans les parois des vaisseaux sanguins, des nerfs et de nombreux organes.

• On parle de déficit enzymatique quand l’enzyme ne fonctionne pas correctement comme c’est le cas de la maladie de Fabry. Le Gb3 s’accumule alors à l’intérieur des cellules et en perturbe le fonctionnement.

Pourquoi parle-t-on de maladie « lysosomale » ?

• La maladie de Fabry est appelée maladie lysosomale car l’action de l’enzyme Alpha-galactosidase A* se situe dans les lysosomes*. C’est dans les lysosomes que le Gb3 s’accumule quand l’enzyme ne fonctionne pas. Les lysosomes sont des petites vésicules contenant beaucoup d’enzymes* responsables de la dégradation de nombreuses molécules. Les lysosomes sont en quelque sorte « l’usine de transformation »de la cellule.

• En fait, il existe un grand nombre de maladies génétiques dites lysosomales dont le point commun est l’altération du fonctionnement des enzymes des lysosomes.
Toutefois, l’enzyme déficitaire étant différente d’une maladie lysosomale à l’autre, les atteintes et leurs gravités varient de façon importante d’une maladie à l’autre.

Quels sont les différents organes touchés par la maladie de Fabry ? Pourquoi parle-t-on de maladie « systémique » ou « vasculaire » ?

• La maladie de Fabry touche de nombreux organes. En effet, le Gb3* s’accumule dans les lysosomes* de la plupart des cellules composant les tissus, en particulier dans :

  • Les vaisseaux sanguins
  • Les fibres nerveuses
  • Les reins
  • Les poumons
  • Le cerveau
  • Le coeur
  • La peau
  • L’oeil au niveau de la cornée et du cristallin
  • Le tube digestif

• La maladie de Fabry est appelée « maladie systémique* » car elle affecte toutes les cellules de l’organisme. C’est en partie à cause de l’atteinte généralisée de l’organisme que les patients ressentent fréquemment une fatigue importante.
La fatigue est l’un des symptômes le plus souvent décrit, le plus durable et le plus invalidant dans la maladie de Fabry.

• La maladie de Fabry est également appelée parfois maladie « vasculaire » car, touchant les vaisseaux sanguins, elle peut entraîner les mêmes atteintes que l’athérosclérose* (angine de poitrine*, infarctus, accident vasculaire cérébral…). C’est pour cette raison que votre médecin recherche la présence de facteurs de risque cardio-vasculaire (tabac, cholestérol, hypertension…) et peut vous proposer, le cas échéant, un régime hygiéno-diététique approprié et une aide pour l’arrêt du tabac.

À quel âge débute la maladie ? Comment évolue-t-elle ?

• Dans la maladie de Fabry, le déficit enzymatique et l’accumulation de Gb3 qui en résulte, débutent avant même la naissance, dès la conception. Cependant, les premiers symptômes peuvent apparaître à différents âges de la vie.

• On a observé sur une vaste population de patients, que les différents symptômes apparaîssaient en moyenne à une période donnée de la vie des patients et que l’on pouvait regrouper les symptômes par « tranches d’âge d’apparition ».
Ainsi, en général, la maladie de Fabry évolue de manière linéaire tout en respectant plus ou moins 3 phases d’évolution :

  • La 1ère phase se situe entre la naissance et l’âge moyen de 20 ans :
    Les principaux symptômes rencontrés à cette période sont la survenue de douleurs aux extrémités, d’attaques douloureuses intenses, d’apparition de lésions sur la peau, de troubles de la transpiration, de troubles gastro-intestinaux, d’intolérance au chaud et/ou au froid et d’une cornée verticillée*.
  • La 2ème phase se situe entre 20 et 30 ans :
    Les principaux symptômes rencontrés à cette période sont l’apparition d’une manifestation clinique de l’atteinte rénale (protéinurie* asymptomatique*) et l’accentuation des troubles digestifs.
    Les lésions de la peau, l’intolérance au chaud et/ou au froid et la cornée verticillée* sont toujours présentes.
    Mais les douleurs aux extrémités et les attaques douloureuses ont tendance à diminuer naturellement.
  • La 3ème phase se situe après 30 ans :
    Les symptômes les plus graves apparaîssent généralement à cette période, mais il n’est pas rare que certaines de ces complications surviennent bien avant 30 ans :
  • Risque d’insuffisance rénale* terminale avec mise sous dialyse*, voire transplantation rénale.
  • Risque “d’attaque cérébrale” -* ou Accident Vasculaire Cérébral* transitoire ou constitué.
  • Risque d’Hypertrophie Ventriculaire Gauche* (gros coeur) – pouvant être associé à une insuffisance cardiaque, un risque d’infarctus du myocarde et des troubles du rythme pouvant entraîner la pose d’un pace-maker.
    À l’inverse, dans le même temps, les patients ressentent habituellement une diminution des douleurs tant au point de vue de l’intensité qu’en terme de fréquence d’apparition.

• L’espérance de vie était moins bonne dans la maladie de Fabry. Comparativement à la population générale, elle était, jusqu’en 2001, avant l’arrivée du traitement enzymatique substitutif, de 50 ans pour les hommes et de 70 ans pour les femmes (moyennes sur une population = médianes de survie).